« L’hôpital n’est ni une entreprise ni une administration »
Entretien avec Christophe Gautier, président du Syndicat des Managers Publics de Santé (SMPS) - 01/01/70
Nextep: Dans quel état d’esprit prenez-vous la
Présidence du SMPS ?
Christophe Gautier : En ce qui me concerne, je
souhaite ouvrir une nouvelle page pour notre organisation syndicale. Toute
institution est soumise à des cycles de vie. Nous devons nous projeter vers
l’avenir. Je n’aurai donc pas de regard critique sur ce qui a été réalisé dans
un contexte difficile où il fallait digérer une avalanche de réformes. De plus
les pouvoirs publics n’ont toujours respecté la parole donnée.
Nextep : Quelles vont
être les relations avec le nouveau Gouvernement en place ?
Christophe Gautier : L’indépendance du syndicat est une question
primordiale. C’est ce qui fait notre force. Nous avons d’ailleurs vocation à
accueillir toutes les sensibilités en tant que syndicat professionnel. Notre
unité repose sur nos valeurs, à savoir l’attachement au service public
hospitalier. Cela sera un axe prioritaire de mon action. Il faudra notamment
revenir sur le contenu de l’article premier de la loi, avec le rattachement des
missions de service public à l’hôpital public. Par ailleurs, l’hôpital public
doit être résolument moderne et s’adapter aux nouvelles exigences. Pour autant,
l’hôpital n’est ni une entreprise, ni une administration.
Nextep : Quel regard portez-vous sur la loi HPST et
le rôle joué au quotidien par les ARS ?
Christophe
Gautier : Une évaluation, lucide, exigeante et objective, est
nécessaire. Le sentiment qui domine exprime un investissement insuffisant des
ARS dans le champ de la régulation, des coopérations, de la permanence des
soins dans les territoires. En revanche, certaines agences manifestent parfois
une ingérence dans la gestion au quotidien de nos établissements. C’est une
tendance relevée sur l’ensemble de l’Hexagone. Il nous faut progresser dans le
respect des prérogatives des uns et des autres.
Nextep : Sur quels critères souhaiteriez-vous être
jugé à l’issue de votre mandat ?
Christophe Gautier : Il y a des critères objectifs comme le résultat aux
prochaines élections professionnelles ou l’évolution du nombre d’adhérents.
Nous serons également sensibles, paramètre plus subjectif à l’audience, à la
visibilité de notre organisation.
Nextep: Face à la crise économique, comment trouver
de nouvelles ressources ?
Christophe Gautier : Nous appelons à une
évolution des modes de financement de l’hôpital public avec l’arrêt de la
convergence tarifaire intersectorielle, une meilleure reconnaissance de la
valorisation des missions d’intérêt général. Nous n’appelons pas à un abandon
de la T2A mais à un rééquilibrage des modèles. Enfin nous refusons la fusion des
directeurs des établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux (D3S) et
des directeurs d’hôpitaux. Ces métiers ont des vocations partagées mais aussi
des spécificités qui doivent être valorisées.
Propos
recueillis par Guillaume Sublet
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