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« La mesure phare de cette convention, c’est le paiement à la performance »

Entretien avec le Dr Christian Jeambrun, président du Syndicat des Médecins Libéraux (SML) - 01/01/70

« La mesure phare de cette convention, c’est le paiement à la performance »<br><br>Entretien avec le Dr Christian Jeambrun, président du Syndicat des Médecins Libéraux (SML) Nextep : Selon vous, quels sont les points clés de la nouvelle convention qui vient d’être signée avec l’Assurance-maladie ?

Christian Jeambrun : La mesure phare de cette convention, c’est le paiement à la performance, une proposition portée par le SML et la CSMF. Les trois principaux syndicats l’ont signée sans discussion particulière, ce qui prouve que c’est une bonne mesure. Il s’agit d’un grand tournant dans le mode de rémunération des médecins, mais il fallait que cela reste une option. D’ailleurs, le SML a toujours indiqué qu’il refuserait de signer l’accord si les objectifs accompagnant cette rémunération étaient rendus obligatoires.

Les mesures concernant le secteur optionnel sont un autre point positif. Le SML avait déjà signé le protocole d’accord de 2009 sur le secteur optionnel. Pendant la période préélectorale, nous avions essayé de porter le projet dans les cliniques et compris alors que les chirurgiens n’en voulaient pas tel quel. L’Union nationale des organismes d'assurance maladie complémentaire (UNOCAM) s’est engagée dans une lettre à rediscuter de cette question d’ici fin septembre et à faire aboutir la mise en place du secteur optionnel, en réaménageant certaines dispositions. Il va falloir relever le plafond des dépassements d’honoraires pour encourager les praticiens du secteur 2 à opter pour le secteur optionnel : si on met la barre trop bas, cela n’aura aucun effet incitatif. D’ici la rentrée, l’Unocam doit donc parvenir à convaincre les complémentaires santé et les mutuelles.

Troisième mesure phare, les revalorisations prévues pour les spécialités les plus perdantes, comme la dermatologie, la pédiatrie ou la psychiatrie. La SML est fière d’avoir emmené dans les négociations les représentants des syndicats de ces spécialités. Notre syndicat s’était également donné comme mission de relayer les revendications de la Médecine à Expertise Particulière. Et, là encore, c’est un succès puisque, pour la première fois en France, la MEP est inscrite en tant que telle dans un accord conventionnel. Elle aura ainsi une commission paritaire réunie au moins deux fois par an et les praticiens ayant choisi la spécialité de médecine générale peuvent désormais devenir consultants et utiliser le C2. Autrement dit, c’est la possibilité de continuer à coter un acte non remboursé à côté d’un acte nomenclaturé.


Nextep : Y a-t-il des points qui vous semblent problématiques ?

 
Mon grand motif d’insatisfaction, c’est que la revalorisation de la consultation ne soit pas au rendez-vous. Nous avions proposé un passage à 25 euros qui n’a pas été obtenu. Pour l’heure, les politiques restent apparemment sourds à nos revendications. Ils doivent comprendre que les médecins ont une soif immense de reconnaissance de leur investissement et de leur travail auprès des patients. Nous continuerons donc de porter ce combat.

Mon autre déception concerne les spécialités techniques, qui n’ont pas obtenu grand-chose, si ce n’est des promesses de réaménagement de la CCAM technique. Mais je me méfie toujours des promesses. Ces spécialités sont en tout cas les grandes oubliées de la convention.


Propos recueillis par Guillaume Sublet
 

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