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Après la canicule, une redéfinition de la gestion du risque en matière de santé? - 01/01/70

La crise révélée par la canicule soulève une question bien connue : le risque zéro peut-il exister en matière de santé ?

Le risque sanitaire zéro semble difficilement accessible en pratique. Ne serait ce que parce que la plupart des traitements et soins comportent déjà une part de risques1. Ce qui n’empêche pas de rechercher à les minimiser. Cela nécessiterait cependant des moyens considérables, comme on le voit déjà avec les récentes propositions pour une « solidarité vieillesse » (suppression d’un jour de congé, prolongement des contributions temporaires…).

Malheureusement, le budget de la Santé, qui reste très limité, a déjà bien du mal à faire face à sa croissance naturelle2. La consécration de moyens significatifs dépend donc avant tout d’une décision politique qui n’a rien d’évidente. En effet, aujourd’hui, la tendance est plutôt à la rationalisation des coûts, notamment pour le médicament comme l’ont encore montré les dernières mesures en la matière (baisses de remboursement et déremboursements, application des TFR3, baisses de prix…).

Par ailleurs, cela impliquerait probablement des restrictions dans d’autres domaines (armée, éducation, culture…) et, sans doute, une plus grande participation des assurés. Les Français seraient-ils prêts à l’accepter ? Les récents sondages4 semblent montrer que oui… Reste à savoir dans quelle mesure.  

En ce qui concerne le médicament, le remboursement de la plupart des produits (y compris ceux dits « de confort ») marquerait la volonté d’éviter une médecine à deux vitesses et participerait ainsi à plus de solidarité. En outre, il a régulièrement été avancé que la gestion du petit risque aboutissait à la prévention du plus gros. Une position que semble d’ailleurs partager le nouveau patron de la DGS, William Dab5.

En fait, ce type de réflexion sur le long terme concerne une plus large population que celle touchée par la canicule. Mais, il manque le côté spectaculaire qui a sensibilisé l’opinion publique cet été et obligé le gouvernement à réagir (même tardivement). Au moins, cette crise pourrait-elle servir à Jean-François Mattei pour rebondir et invoquer les moyens nécessaires à la mise en place d’une véritable politique de gestion du risque. Et si, enfin, l’initiative et la prévention primaient sur la seule réaction face aux situations de crise ? Sans éviter complètement le risque, nous parviendrions au moins à le réduire considérablement.

1 Pour les médicaments, c’est le rôle de l’administration d’évaluer le rapport bénéfices/risques

2 Les chiffres récemment avancés font état d’un déficit de plus de 10 milliards d’€ pour 2003 et des prévisions de 15 milliards pour 2004 et 30 pour 2005

3 Tarif Forfaitaire de Responsabilité : base sur laquelle est remboursée un médicament appartenant à un groupe générique

4 « 58 % des Français sont prêts à prendre à leur charge une plus grande part du prix des consultations ». Sondage CSA publié dans L’Expansion – sept. 2003

5 « L’administration face à l’innovation » - William Dab – 2ème colloque du collège des économistes de la santé  en 2001

 

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