Depuis le retrait volontaire de Vioxx, les révélations de « scandales » impliquant des médicaments se sont multipliées dans les médias. Du coup, l’opinion publique perd peu à peu confiance dans les traitements. Il s’agit là d’un véritable problème de santé publique auquel les pouvoirs publics se doivent de participer à la réponse.
La prolifération de sujets sur la sécurité des médicaments semble relever d’un phénomène de mode. Toutefois, les annonces à répétition de « scandales » ont-elles toujours été justifiées ou s’agit-il d’un emballement de la machine médiatique ? Après tout, les produits pharmaceutiques constituent une thématique sensible, touchant à la fois à la santé, à l’éthique et à l’économie. En l’occurrence, les problématiques soulevées (définition de l’innovation, rapport bénéfice/risque, réalisation des essais, publication des résultats…) gagneraient à dépasser les raisonnements strictement manichéens.
Il s’agit aujourd’hui de rappeler au public, comme a commencé à le faire le Ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy,1 que les médicaments ont tous une part de bénéfice et de risque, évaluée par les autorités sanitaires. Ceci justifie d’ailleurs qu’une prescription médicale soit nécessaire pour obtenir un traitement dans la plupart des cas. Le dialogue entre le médecin et le patient apparaît donc fondamental pour le bon usage des médicaments, qui doit aboutir à une prescription adaptée à chaque cas et à son suivi. A ce titre, l’Etat a bien un rôle à jouer, à la fois dans la formation des médecins et dans l’information du public.
Si les patients commencent à douter des médicaments qui leur sont prescrits, le risque est de voir se dégrader le suivi et la bonne prise des traitements. Or, le respect de l’observance est crucial dans l’optimisation de leur efficacité. Par ailleurs, il ne faudrait pas que, sous la pression, les autorités retirent des traitements du marché voire en refusent certains nouveaux. Pour le coup, le risque disparaîtrait mais le bénéfice également ; qu’il s’agisse du premier médicament qui aurait pu s’attaquer à une pathologie jusque là incurable comme d’un potentiel nouveau produit dans une classe déjà existante2.
1 Déclarations – références.
2 Disposer de plusieurs produits pour une même indication se révèle à la fois intéressant d’un point de vue sanitaire et économique. Ce que confirme l’étude du Tutfts Center.